Article du 18 Février 2026 ; Conclusions du CSE de Février 2026 et Fin des NAO 2026
La mariée est belle… mais à quel prix ?
Cette semaine, SYSTRA s’affiche fièrement en 3ème meilleur employeur du secteur de l’ingénierie selon Capital.
Une belle vitrine, certes, mais qui cache mal une réalité moins reluisante : celle d’une direction obsédée par la profitabilité à court terme, prête à tout pour séduire les actionnaires, quitte à transformer les salariés en variables d’ajustement.
Entre augmentations symboliques, délocalisations discrètes et managers en première ligne sans filet, la recette semble claire : faire briller les chiffres, même si c’est au détriment de ceux qui les produisent.
1,3% d’augmentation : un cadeau empoisonné
1,2% + 0,1% pour les “super-performances” : voilà ce que la direction daigne offrir aux troupes en 2026, avec un effet rétroactif au 1er janvier (merci pour le suspense !). Une aumône face à l’inflation, et une insulte à l’intelligence collective quand on sait que les richesses créées partent massivement vers l’EBIT et les actionnaires.
La CFE-CGC le dit clairement : ce déséquilibre n’est pas acceptable. Comment motiver des équipes déjà en surchauffe sur des projets pharaoniques comme Dubai Blue Line ou le Grand Paris, avec des jalons toujours plus stressants, quand leur pouvoir d’achat fond comme neige au soleil ?
Et que dire du supplément d’intéressement (+150€, soit 2 250€ au total) ? Une miette face à la réduction des fonctions supports, à la délocalisation de l’expertise vers la Tunisie (un complément au “bestshoring” qui sent bon le dumping social), ou encore à l’absence criante de plans de formation et de mobilité interne dignes de ce nom ? La direction justifie ces choix par la nécessité de rattraper la “normalité financière” des concurrents. Mais à quel coût humain ?

Délocaliser, externaliser, désorganiser : la stratégie du “coût bas” à tout prix
SYSTRA, historiquement fier de son excellence technique, semble désormais préférer la logique du moindre coût :
- Création d’une succursale en Tunisie, présentée comme une opportunité, mais qui présage d’une perte de maîtrise qualité et un risque pour l’image “Made in France” tant chérie.
- Arrêt de l’activité signalétique (DPU/PFI), avec la promesse d’un reclassement… mais sans garantie sur l’avenir des autres métiers.
Résultat : des équipes désorganisées, des managers livrés à eux-mêmes, et une expertise diluée au nom de la rentabilité.
La CFE-CGC s’interroge : qui paiera la facture de ces économies de bout de chandelle ? Les salariés, bien sûr. Ceux qui triment sur le terrain, ceux qui doivent tenir des objectifs contradictoires (soutenir les filiales avec marges opérationnelles imposées par le groupe), ceux qui voient leur employabilité mise à mal par un manque criant d’accompagnement.

L’équation impossible : performance vs. précarité
La direction semble croire que la profitabilité se décrète. Pourtant, la vraie richesse de SYSTRA, ce sont ses femmes et ses hommes – leur expertise, leur engagement, leur dévouement. Plutôt que de casser les silos en interne ou d’optimiser la collaboration avec les filiales (aujourd’hui en mode “Far West contractuel”), on préfère serrer la vis :
- Pas de budget dédié aux fonctions supports, pourtant stratégiques.
- Pas de formation obligatoire pour les managers, alors qu’ils sont en première ligne face à des équipes sous pression.
- Pas de vision claire sur l’employabilité, alors que les collaborateurs demandent des perspectives.
La CFE-CGC propose une autre voie :
✅ Une politique salariale crédible, qui reconnaisse enfin la valeur du travail.
✅ Un vrai plan de développement des compétences, avec des bilans accessibles à tous.
✅ Une gouvernance cohérente, où les objectifs de SYSTRA France ne sabotent pas ceux des filiales (et vice versa).
✅ Un partage équitable des richesses, parce que la “normalité” du monde des financiers ne peut pas se construire sur le dos des salariés.
Le Grand Baromètre Social : le test de réalité
Le classement de Capital est une chose. Le GPS (Grand Baromètre Social) en sera une autre.
La CFE-CGC attend des résultats à la hauteur des enjeux : refléteront-ils l’image idyllique vendue par la direction, ou révéleront-ils le fossé entre la communication et le terrain ?
Une chose est sûre : les salariés ne sont pas dupes. Entre les promesses non tenues, les délocalisations projetées et les augmentations peau de chagrin, la colère pourrait gronder.
Alors, SYSTRA, 3ème meilleur employeur ? Pour l’instant, c’est surtout 3ème sur 3 dans l’art de mécontenter ses troupes.
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